RECAO ! Le Portail des Espaces et Etablissements Culturels de l'Afrique de l'Ouest
Last Updated on Friday, 23 December 2011 09:12 Written by Administrateur
« L’Etablissement culturel est à l’Action culturelle, ce que l’Ecole est à l’Education et ce que l’Hôpital est à la Santé publique, à la fois point d’application et lieu d’observation. » Alain GODONOU
Quand on se promène dans les villes et agglomérations africaines, quelle que soit leur taille, il est facile de se rendre compte du très grand dynamisme, voire de la prolifération des bars et « maquis » d’une part et des lieux de culte religieux, (églises, temples, mosquées, etc.) qui se livrent une concurrence acharnée d’autre part. Mais les espaces laïcs de construction collective du lien social se raréfient. En fait le rôle de « la place du village », espace à la fois de distraction, d’apprentissage des codes, de découverte et de réflexion, etc. est resté vacant dans l’Afrique moderne et contemporaine.
Les centres ou espaces culturels ont vocation à jouer ce rôle, à assumer une grande partie de la mission de consolidation du lien social, garant de la sécurité et de la paix. Nous entendons par centre ou espace culturel, des établissements, lieux physiques, ayant pour fonction d’offrir un service culturel régulier au public sans distinction d’âge, de sexe, de croyance, d’appartenance religieuse ou politique.
Or, pour un œil plus ou moins averti, la crise des établissements culturels en Afrique est patente ; on connaît le cas spécifique des salles de cinéma dont le recul, évident dans le paysage urbain, est rappelé à chaque édition du FESPACO et des manifestations consacrées au cinéma en Afrique. Le cas des musées est aussi relativement connu des milieux spécialisés. Quant aux autres établissements, centres culturels ou assimilés, ils se trouvent, sauf quelques rares exceptions, dans une situation pathétique de léthargie.
Alors même que la circulation des ressortissants communautaires ne connaît juridiquement aucune entrave (suppression des visas) et que le réseau routier permet une circulation relativement aisée et peu chère, l’inconsistance des établissements culturels empêche la diffusion et l’appropriation communautaire aussi bien du patrimoine culturel historiquement commun que de la créativité artistique dynamique de l’espace UEMOA/CEDEAO et Mauritanie.
Un indicateur qui à lui seul est révélateur de la situation que l’action proposée veut corriger est qu’on a du mal, internet ou pas, à trouver un programme annuel d’un établissement culturel, en dehors du cas notable des Centres culturels français.
Absence d’information, léthargie, manque de visibilité, cloisonnement sectoriel, compétences non adaptées des ressources humaines, manque de stratégie pour maximiser les ressources dans un monde de rareté des moyens, sont les causes de cette léthargie qui handicapent la perception et l’utilisation des établissements comme acteurs premiers des politiques culturelles et levier de développement.
« Donnez moi un point d’appui et je soulèverai le monde » a- dit Archimède ; pour le monde de la culture et de l’économie de la culture en Afrique de l’Ouest, le réseau des établissements culturels est ce point nécessaire dont il faut partir.




